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Frais de notaire à Tahiti : qui paie quoi quand tu vends

À Tahiti, l’acheteur paie en principe les frais de notaire, dont 7 % du prix en droits d’enregistrement (1 % sous conditions pour une première acquisition).

Grégory Batard

Mis à jour le par , conseiller immobilier KW Polynésie Lecture : 7 minutes

L’essentiel

  • En principe, le vendeur ne paie pas les droits d’enregistrement.
  • L’impôt sur la plus-value, s’il est dû, est prélevé sur le prix.
  • Taxe de publicité immobilière : 0,1 % du prix, en plus des droits.
  • Meubles déclarés à part : 5 % de droits, et un risque de redressement.
Dans cet article
  1. Qui paie les frais de notaire lors d’une vente à Tahiti ?
  2. Combien coûtent les frais de notaire à Tahiti ?
  3. Peut-on réduire les frais en déclarant les meubles à part ?
  4. Et le vendeur, que paie-t-il ?
  5. Comment se passe le paiement chez le notaire ?
  6. Et l’impôt foncier, l’année de la vente ?
  7. Sources

Qui paie les frais de notaire lors d’une vente à Tahiti ?

L’acheteur, sauf si l’acte de vente prévoit autre chose[6].

Les droits d’enregistrement, la taxe de publicité immobilière et les frais d’acte s’ajoutent au prix du bien, et c’est lui qui les règle chez le notaire.

Sous le nom de « frais de notaire », on range en fait deux choses :

  • des droits et des taxes reversés au Pays, gérés par la Direction des affaires foncières (DAF), à la Recette-Conservation des hypothèques[1] ;
  • la rémunération du notaire, ses émoluments, fixée par un tarif réglementé (arrêté n° 1376 CM du 3 octobre 2000 modifié)[10].

L’acheteur peut demander au notaire qui rédige l’acte une estimation de l’ensemble avant de signer.

Combien coûtent les frais de notaire à Tahiti ?

Pour une maison ou un appartement, l’acheteur paie 7 % du prix en droits d’enregistrement et 0,1 % de taxe de publicité immobilière, plus les émoluments du notaire[7].

Pour une première acquisition, les droits tombent à 1 % jusqu’à 40 millions de F CFP, soit environ 335 200 €[8].

Les droits d’enregistrement sont fixés par la loi du pays n° 2018-25, dans sa version du 10 décembre 2024[6], et la taxe par la loi du pays n° 2019-20[9].

Le simulateur de la DAF applique ces taux[7]. Pour une première acquisition, deux précisions :

  • maison ou appartement : au-delà de 40 millions de F CFP, la part qui dépasse est taxée à 7 % ;
  • terrain à bâtir : 1 % jusqu’à 25 millions de F CFP (environ 209 500 €), puis 7 % au-delà.

Pour y avoir droit, l’acheteur doit être majeur et n’avoir jamais possédé de bien immobilier, ici ou ailleurs[6]. Des parts héritées dans une indivision familiale ne comptent pas.

Il s’engage aussi à en faire sa résidence principale pendant cinq ans (pour un terrain, après y avoir construit dans les cinq ans). Le notaire vérifie ces conditions avec lui.

À plusieurs acheteurs, le plafond de 40 millions s’applique à la part du prix payée par chacun[6].

Ce régime est toujours en vigueur : il figure à l’article LP 30 de la loi de 2018, dans sa rédaction de décembre 2024, et le simulateur de la DAF l’applique en novembre 2026[6][7].

Un exemple chiffré

Pour une maison vendue 30 millions de F CFP, soit environ 251 400 €[8] :

  • à un acheteur au taux de 7 %, les droits d’enregistrement font 2,1 millions de F CFP (environ 17 600 €) ;
  • à un acheteur qui fait sa première acquisition, ils font 300 000 F CFP (environ 2 510 €) ;
  • dans les deux cas, la taxe de publicité immobilière ajoute 30 000 F CFP (environ 250 €).

Montants calculés le 26 octobre 2026 avec les paramètres du simulateur de la DAF[7]. Les émoluments du notaire s’y ajoutent : lui seul les chiffre pour ton dossier.

Pour ton cas précis, le simulateur se trouve sur service-public.pf, à la page « Simuler vos droits d’enregistrement et impôt sur les plus-values immobilières (nouvel onglet) »[1].

Le taux de 11 % qu’on lit encore en ligne date d’avant la baisse des droits votée fin 2024[2][6].

La même loi de décembre 2024 a supprimé les « droits de publicité foncière » qui figurent dans les anciens barèmes[12]. La taxe de publicité immobilière de 0,1 % est un autre prélèvement, et elle reste due[9].

J’étudie le financement de l’acheteur avant chaque visite. Je lui demande de passer par le simulateur de la DAF plutôt que de compter sur un pourcentage trouvé en ligne. Un plan de financement mal calculé peut faire échouer la vente au moment du prêt.

Le prêt à taux zéro du Pays

Depuis la loi du pays n° 2025-29 du 13 octobre 2025, une banque peut prêter sans intérêt jusqu’à 12 millions de F CFP pour une première résidence principale[13]. Les conditions :

  • ni l’acheteur ni son ménage n’ont été propriétaires de leur résidence principale, ou d’un logement, depuis cinq ans ;
  • il réside en Polynésie depuis cinq ans ;
  • ses revenus restent sous un plafond fixé par arrêté ;
  • un prêt bancaire au moins égal complète le financement.

Il finance une construction, avec le terrain s’il le faut, un logement neuf ou un logement qui a déjà servi de résidence principale[13]. Une maison ancienne y a donc droit.

Ces prêts sont accordés jusqu’au 31 décembre 2029, dans la limite des crédits votés chaque année : la loi précise que ce n’est pas un droit[13]. Pour toi, ce sont des acheteurs de plus.

Peut-on réduire les frais en déclarant les meubles à part ?

Les meubles vendus avec la maison paient un droit de 5 %, contre 7 % pour la maison[6].

Ce qui est attaché au bien est taxé comme le bien lui-même : une liste de meubles gonflée expose à un redressement[6].

La pratique est courante : l’acte donne un prix pour la maison et un prix pour les meubles, pour réduire les droits de l’acheteur.

Seuls les vrais meubles peuvent y figurer. La loi taxe comme la maison les biens attachés à son usage, les « immeubles par destination »[6]. Une cuisine équipée posée, des climatiseurs fixés au mur ou des placards intégrés en font en général partie : demande au notaire.

Si l’administration juge le prix des meubles trop élevé, elle recalcule les droits avec une pénalité de 10 %, portée à 40 % en cas de mauvaise foi et à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses[6].

Un prix caché coûte plus cher encore : une amende égale au double des droits, due par tous les signataires, vendeur compris[6].

Pour un acheteur qui fait sa première acquisition, la liste de meubles est même une mauvaise affaire : il paie 1 % sur la maison, jusqu’à 40 millions, et 5 % sur les meubles[6].

Côté vendeur, un prix de maison minoré se retrouve dans la plus-value : elle est redressée selon les mêmes règles[3].

Je préfère une liste de meubles courte, avec leur vraie valeur. Elle passe chez le notaire sans discussion, et elle ne t’expose pas à un redressement.

Et le vendeur, que paie-t-il ?

En principe, le vendeur ne paie pas les droits d’enregistrement[6].

Il peut en revanche devoir l’impôt sur la plus-value, que le notaire calcule et prélève sur le prix de vente[3].

Cet impôt dépend du temps pendant lequel tu as gardé ton bien :

  • 50 % avant 5 ans ;
  • 20 % ensuite, avec un abattement ;
  • rien au-delà de 10 ans.

Ta résidence principale n’est pas exonérée. Le simulateur de la DAF calcule aussi cet impôt[1].

Si tu n’as pas ta résidence habituelle en Polynésie, tu dois désigner un notaire qui te représente pour le payer[3].

Le barème complet et un exemple chiffré sont dans l’article sur la plus-value immobilière en Polynésie.

Et les honoraires d’agence ?

Ils ne font pas partie des frais de notaire. Leur montant est écrit dans le mandat de vente que tu signes avec l’agence.

Les miens suivent le barème de KW Polynésie, que je te remets avant toute signature.

Comment se passe le paiement chez le notaire ?

Le jour de l’acte authentique, le prix passe en général par la comptabilité du notaire.

Il prélève l’impôt sur la plus-value s’il est dû, puis il te verse le solde[3].

Plus tôt, à la signature du compromis, l’acheteur verse en général un dépôt de garantie, conservé par le notaire jusqu’à l’acte.

Entre les deux, le notaire réunit les pièces du dossier : plus il est complet au départ, moins il y a d’attente.

Pour préparer ce dossier, les papiers à réunir sont listés sur la page de l’estimation immobilière : ce sont les mêmes que pour la vente.

Et l’impôt foncier, l’année de la vente ?

Celui de l’année reste pour toi : l’acheteur ne doit l’impôt foncier qu’à partir du 1er janvier de l’année qui suit l’établissement de son titre de propriété[4].

Si l’acheteur et toi voulez le partager, il faut l’écrire dans le compromis : parles-en au notaire.

Cet impôt vise les propriétés bâties : il est prévu par l’article 221-1 du code des impôts de la Polynésie française[5].

Il fait 10 % de la valeur locative du bien diminuée d’un quart[5]. La commune y ajoute ses centimes additionnels, de 1 à 50 % de ce montant selon les communes[11].

Sources

Comment cet article est préparé. Les règles et les taux viennent des textes officiels (lois du pays, DAF, DICP). Les chiffres de marché sont datés et viennent de sources publiques ou du logiciel d’analyse de KW Polynésie : tous sont listés ici.

  1. Simuler vos droits d’enregistrement et impôt sur les plus-values immobilières, DAF (service-public.pf, 2 décembre 2025) (nouvel onglet)
  2. Baisse des taux d’intérêt et des droits d’enregistrement, Polynésie la 1ère (18 novembre 2024) (nouvel onglet)
  3. Loi du pays n° 2012-23 du 27 novembre 2012 relative à l’impôt sur les plus-values immobilières, version consolidée (Lexpol) (nouvel onglet)
  4. « Je réalise l’acquisition d’une propriété bâtie : suis-je soumis à une imposition spécifique ? », foire aux questions de la DICP (nouvel onglet)
  5. « Je réalise l’acquisition d’un bien immobilier via une SCI : suis-je soumis à une imposition spécifique ? » (calcul de l’impôt foncier), foire aux questions de la DICP (nouvel onglet)
  6. Loi du pays n° 2018-25 du 25 juillet 2018 portant réglementation générale des droits d’enregistrement, version consolidée au 10 décembre 2024 (loi du pays n° 2024-34) (Lexpol) (nouvel onglet)
  7. Paramètres du simulateur de la DAF, datés du 10 décembre 2024 : droits d’enregistrement, taxe de publicité immobilière, plus-value (OpenFisca Polynésie, gouvernement de la Polynésie française, version du 12 octobre 2026 relue le 3 novembre 2026) (nouvel onglet)
  8. Rapport annuel économique 2024 de la Polynésie française, IEOM : parité fixe de 1 000 XPF pour 8,38 euros (nouvel onglet)
  9. Loi du pays n° 2019-20 du 1er juillet 2019 relative à la publicité foncière, article LP 4 : taxe de publicité immobilière de 0,10 % (Lexpol) (nouvel onglet)
  10. Arrêté n° 1376 CM du 3 octobre 2000 modifié portant fixation du tarif des notaires (Lexpol) (nouvel onglet)
  11. « Propriétaire d’un immeuble : vous êtes redevable de l’impôt foncier », guide de la DICP (décembre 2024) (nouvel onglet)
  12. Loi du pays n° 2024-34 du 10 décembre 2024, article LP 2 : suppression des droits de publicité foncière (Lexpol) (nouvel onglet)
  13. Loi du pays n° 2025-29 du 13 octobre 2025 relative au « prêt à taux zéro » et instituant un crédit d’impôt (Lexpol) (nouvel onglet)

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